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Chapitre D'ouvrage Année : 2020

Playing on Words to Bypass the Law: The Example of Domestic Service in Madrid in the 16th and 17th Centuries

Jouer sur les mots pour contourner la loi : l’exemple de la domesticité madrilène aux XVIe siècle et XVIIe siècles

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Résumé

Using primary sources such as parish inventories from the late 16th century and notarial acts from the 17th century, this article explores how the Masters of high Madrilenian high nobility houses played on words in order to bypass the sumptuary laws which aimed at limiting the number of their servants. In order to transgress the law without actually dealing with it, the Masters adopted two kinds of strategies. The first one consisted in staying out of focus from the authorities about the real relations that united most of the people of the house to the Master. They would thus declare indefinable statuses to both census takers and notaries, mentioning for example criados, familiares, paniaguados and mozos, which enabled them to hide a great number of servants. On the contrary, the second strategy was inspired from treaties on economics which described the perfect organisation of an important house and relied on the employment of a maximum of different substantives to prove that each servant had a unique and essential part, with specific duties which were in no way redundant. In both cases, the potential of the lexicon was efficiently used and the authorities had great difficulties to eradicate these domestic microcosms of people whose existence and use would not be proved easily.
En s’appuyant sur des sources d’archives – recensements de paroissiens de la fin du XVIe siècle et actes notariés du XVIIe siècle –, cet article met en évidence comment, au sein des maisons de la haute noblesse madrilène, les maîtres jouent sur les mots afin de contourner les lois somptuaires qui visent à limiter le nombre de domestiques. Ainsi, afin de transgresser la loi sans y toucher, les maîtres adoptent deux types de stratégies. La première stratégie consiste à rester dans le flou quant à la relation qui unit un grand nombre de personnes avec le maître de maison. Pour ce faire, ils déclarent aux recenseurs et notaires des statuts aux contours et limites indéfinissables – criados, familiares, paniaguados et mozos – ce qui cache le recrutement de nombreux serviteurs surnuméraires. La seconde stratégie, à l’inverse, s’inspire des traités d’économie domestique qui décrivent l’organisation idéale d’une grande maison et repose donc sur l’emploi d’un maximum de substantifs différents pour prouver que chaque domestique a une place unique et nécessaire, avec des tâches bien délimitées et absolument pas redondantes. Dans les deux cas, les potentialités du lexique sont efficacement mises à contribution et les autorités peinent à endiguer ces microcosmes domestiques dont il est aussi malaisé de démontrer l’existence que l’inutilité.
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hal-02978275 , version 1 (26-10-2020)

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Paternité - Pas d'utilisation commerciale - CC BY 4.0

Identifiants

  • HAL Id : hal-02978275 , version 1

Citer

Sarah Pech-Pelletier. Jouer sur les mots pour contourner la loi : l’exemple de la domesticité madrilène aux XVIe siècle et XVIIe siècles. Viviane Arigne; Sarah Pech-Pelletier; Christiane Rocq-Migette; Jean-François Sablayrolles. Études lexicales. Mélanges offerts à Ariane Desporte, Université Sorbonne Paris Nord, pp.45-60, 2020. ⟨hal-02978275⟩
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